Bavay (8 km) — Bagacum, capitale des Nerviens

À huit kilomètres au nord de Wargnies, Bavay porte l’héritage le plus ancien et le plus prestigieux de la région : Bagacum, capitale antique de la cité des Nerviens. Le forum romain mis au jour à Bavay est l’un des forums romains les mieux conservés de Gaule, et continue de faire l’objet de campagnes de fouilles régulières. Bavay était au cœur d’un réseau de sept chaussées romaines — les chaussées Brunehaut — dont deux passaient à proximité immédiate du territoire wargnisien (chaussées Bavay-Boulogne et Bavay-Amiens).

Cette proximité fait que Wargnies n’a jamais été un village isolé : depuis l’Antiquité, il s’inscrit dans le rayonnement d’un grand pôle régional.

Le Quesnoy (8 km) — les remparts Vauban

À huit kilomètres à l’ouest, Le Quesnoy est le chef-lieu de canton dont Wargnies dépend administrativement. La ville porte la marque de deux périodes essentielles de son histoire : un ancien château-fort des Comtes de Hainaut (construit au Moyen Âge, lié aux campagnes décrites dans le Chronicon Hanoniense de Gislebert) et les remparts bastionnés de Vauban, ajoutés au XVIIᵉ siècle après le rattachement à la France (traité de Nimègue, 1678).

Les remparts de Le Quesnoy sont aujourd’hui parmi les mieux conservés du nord de la France et constituent l’attraction patrimoniale majeure de la région. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville sera également célèbre pour sa libération par les troupes néo-zélandaises en novembre 1918, événement commémoré chaque année.

Maresches (10 km) — Henri Deryke, sculpteur

À dix kilomètres au sud-ouest, Maresches est la commune natale du sculpteur Henri Deryke, Grand Prix de Rome 1952. Ce prix, l’une des plus hautes distinctions artistiques françaises de l’époque, ouvrait à son lauréat un séjour de plusieurs années à la Villa Médicis à Rome, foyer de la formation des artistes français.

Henri Deryke a marqué la sculpture contemporaine de l’Avesnois par son œuvre, et constitue l’un des liens entre le terroir hainuyer et les grandes institutions artistiques nationales. Sa reconnaissance illustre que les villages de l’Avesnois ne sont pas seulement des terres agricoles, mais aussi des viviers de talents qui ont trouvé leur épanouissement dans la culture française.

Communes limitrophes immédiates

Plus près encore, les communes qui touchent directement le territoire de Wargnies-le-Grand portent chacune un fragment de patrimoine remarquable :

Eth — château sur Sebourg

Eth, voisin nord du village, possède un château mentionné dans les archives régionales. C’est aussi le territoire sur lequel a été construit en 1934 le Petit Ouvrage d’Eth de la ligne Maginot, défendu en mai 1940 par la 106ᵉ Compagnie d’Équipage d’Ouvrage.

Jenlain — le « château d’en Haut »

Jenlain, voisin ouest, abrite le « château d’en Haut » — édifice civil dont le nom local distingue clairement la position dominante. Jenlain a également été lié au dispositif Maginot via la casemate de Jenlain (sous-ensemble du Petit Ouvrage d’Eth).

Bry — l’église de 1612

Bry, voisin oriental, conserve une église remontant à 1612, l’une des plus anciennes encore en service dans le secteur. Bry partageait avec Wargnies un même paysage agricole et un moulin commun (le moulin Montay, entre les deux villages).

Wargnies-le-Petit — le village jumeau

Enfin, Wargnies-le-Petit — village jumeau dont le nom même rappelle la parenté toponymique avec « le Grand » — est cobénéficiaire historique de la Grande Aumône depuis le Moyen Âge. La charte-loi de Wargnies-le-Petit (1245), édictée par Wattier de Wargnies, montre que les deux villages partageaient déjà au XIIIᵉ siècle un même seigneur et une même administration. Cette parenté n’a jamais cessé de se manifester dans la vie économique, religieuse et culturelle des deux communes.

Un paysage culturel cohérent

Pris ensemble, ces sites dessinent un paysage culturel d’une rare cohérence : antiquité romaine à Bavay, Moyen Âge à Le Quesnoy et dans les châteaux des villages voisins, art contemporain à Maresches. Ce qui se joue à Wargnies-le-Grand — son église néo-gothique, son tombeau du Philanthrope, ses fermes du XVIIIᵉ siècle, sa sucrerie disparue — n’a de sens qu’inscrit dans cette géographie culturelle élargie, où chaque village apporte sa pierre à un édifice patrimonial commun.


Sources : A. Hanot & A. Pierrard, Promenade dans la mémoire de l’Avesnois, t. 2 « d’Aibes à Maubeuge », Westhoek-Éditions des Beffrois, 1986 ; villesetvillagesdelavesnois.org (entrées sur Eth, Jenlain et Bry).